J’aime le silence

J’aime le silence.

Je ne parle pas de l’absence de bruit.

Ce dont je vais te parler dans cet article c’est du silence “intérieur”.

J’aime quand c’est silencieux à l’intérieur.

On est une espèce plutôt bruyante nous les humains. Toujours en train de réfléchir, d’évaluer, de se poser des questions, de se juger (nous et les autres). Ce défilé incessant de pensées génère du stress et de l’anxiété. C’est ce que j’appelle du “bruit intérieur”.

Et le bruit engendre le bruit.

Tu as déjà été en compagnie de quelqu’un de très stressé? Genre un collègue ou un membre de ta famille?

C’est stressant n’est ce pas? Parce que notre état d’être influence les autres autour de nous de la même manière que notre état intérieur à des répercussions sur notre entourage.

A l’inverse une personne calme et détendue nous aide à nous sentir plus serein, plus calme.

Le silence engendre le silence.

Je n’ai pas toujours aimé le silence.

Quand j’étais plus jeune (jusqu’à y a pas si longtemps en fait), le silence me terrifiait.

Je parles du silence extérieur cette fois. Et plus particulièrement le silence dans les relations.

Durant mon enfance, les silences étaient lourds et annonciateurs de crises de colère particulièrement violentes. Le calme avant la tempête.

J’ai vite appris ce que le silence annonçait, et j’ai dépensé vachement d’énergie et de créativité à tenter d’éviter les silences pesants (SPOILER : ça n’a jamais marché!).

Oui, c’est de la violence psychologique (définition ici).

Je m’en suis sortie avec un niveau d’anxiété au max, une estime et confiance en moi à l’opposé et une façon d’être en relation avec les gens complètement vrillée. Persuadée qu’aimer les gens impliquait les juger et passer son temps à s’engueuler.

Donc, j’étais terrifiée par le silence “extérieur” et dans un état psycho-émotionnel ou le silence intérieur était une chimère.

J’étais le genre de personne qui réfléchit tout le temps, qui met trois plombe à s’endormir parce que son cerveau doit encore inspecter 40 fois chaque détail de la journée et envisager les 75000 scénarios possible de la journée suivante.

Et puis, j’ai découvert le yoga

Ça n’est pas venu tout de suite. Les premiers “cadeaux” ont commencé à prendre vie à l’école de yoga (j’avais des profs exceptionnels faut dire).

Oh non, le premier cadeau n’a pas été le silence…

Je pense que c’était la joie. Juste la joie d’être là, passer du temps avec moi même. De pouvoir m’observer et me découvrir de “l’intérieur”.

Le deuxième a du être le feu. Un bon feu bien sûr !

Il y a eu plein d’autres cadeaux mais ce n’est pas le sujet je crois.

D’une certaine manière, le Yoga créé du bruit intérieur lui aussi. Parce qu’il réveille des forces qui étaient endormies, parce qu’il libère des énergies muselées. Puis, vient le silence.

Le calme après la tempête.

Mon silence intérieur a grandi sans que je m’en rende compte.

C’est dans ma relation au silence extérieur que je me suis rendue compte du changement. Quand j’ai rencontré quelqu’un de particulièrement calme et que je me suis rendue compte que ça ne me paniquait pas d’être en sa compagnie sans avoir à faire la conversation.

(oui oui, avant j’avais des montées d’angoisse si j’étais dans une pièce avec quelqu’un qui ne me parlais pas)

Ça s’améliorait!

Mais même si j’appréciais le silence extérieur, je n’avais pas encore conscience de la qualité de mon silence intérieur.

L’ hypersensibilité

Je suis hyper sensible, ou hyper empathique… ou les deux (pas sûr d’avoir saisie la différence).

L’hyper-sensibilité, comme son nom l’indique, est la faculté de percevoir l’ambiance générale, l’énergie d’une personne ou d’un groupe mais genre x100 par rapport à une personne “normalement” sensible. Tout le monde a cette capacité mais les hyper-sensibles le ressentent plus fort, ce qui peut rendre la situation difficile à vivre.

En temps que personne hyper-sensible, le silence est une ressource précieuse pour moi.

Je trouve le monde trop bruyant, trop anxiogène (je me soigne).

Mais c’est précisément ma capacité à ressentir les choses plus finement et plus profondément que la plupart des gens qui m’a permis de prendre conscience à quel point j’aime le silence.

L’enseignement du yoga

Si dans ma pratique du yoga j’expérimentais le silence, c’est en enseignant le yoga que j’ai pris conscience à quel point c’était important pour moi.

Je n’impose pas le silence à mes élèves dans mes cours. Mais je reste attentive à l’énergie du groupe.

Comme je l’ai dit plus haut, le yoga peut mettre en mouvement un certain nombre de choses notamment des émotions ou même des questionnements et je préfère laisser la liberté à mes élèves de les exprimer si ils en ressentent le besoin.

Une fois les énergies mises en mouvement vécues ou exprimées, il reste le silence.

Et il est arrivé à plusieurs reprises que tous les élèves d’un même cours expérimentent cet état de silence intérieur en même temps.

Pour moi, ces moments sont juste magiques.

C’est un des plus beau cadeau que j’ai reçu du yoga. Et du fait de transmettre le yoga.

J’aime le silence.

Le silence, une ressource

Développer ta capacité à expérimenter le silence est une ressource fantastique.

Cela te permet de prendre de la distance avec tes croyances, tes freins, tes limites. De te détacher de tes automatismes et d’accroître ta capacité à voir le monde tel qu’il est et non tel que tu imagines qu’il est.

Le silence intérieur t’aide à gérer ton anxiété et ton stress.

Vivre le silence ce n’est pas te couper de tes émotions ou du monde qui t’entoure. Ce n’est pas être vide.

Le silence est l’état naturel de l’être humain. C’est ce qui t’ouvre à plus de paix intérieur. C’est vivre sans porter de jugement sur ta vie.

Ça te permet de te reconnecter profondément à qui tu es, à tes émotions, à ce qui est juste pour toi.

La méditation

C’est cet état qui est recherché dans la pratique de la méditation.

Mais… le bruit intérieur n’est pas juste une affaire mentale. C’est bien plus général. Si ton corps est tendu et que ton énergie est bloquée, t’assoir en silence peut ne pas suffire.

Beaucoup de gens qui s’essaient à la méditation sans passer par une pratique corporelle avant rencontre des difficultés.

Parce que, encore une fois, le corps est négligé dans le processus.

Je ne dis pas qu’il ne faut pas méditer. Ce que je dit c’est qu’il vaut mieux prendre en compte la totalité de ton être. Et pas seulement le facteur le plus évident.

La pratique du yoga

Pratiquer le yoga ce n’est pas seulement étirer ses muscles ou se renforcer musculairement.

Cela te permet de mettre en mouvement ton énergie et de libérer certains blocages (psycho-corporels et énergétiques).

Le yoga te permet de développer l’équilibre entre votre corps, votre mental et votre énergie.

Chercher l’alignement juste dans les postures développe ta capacité à aligner la totalité de ton être.

Comme je l’ai dit plus haut, le silence vient de lui même dans la pratique du yoga. Ce qui facilite l’accès au silence dans la méditation.

Si tu cherches le silence (et la paix) dans ta vie mais que la méditation vous donne du fil à retordre, peut-être devrais-tu envisager une pratique corporelle avant une assise silencieuse.

Je pense avoir dit ce que j’avais à dire ❤️

Je te laisse la place maintenant.

Quelle relation as-tu avec le silence? Comment te sens-tu par rapport à ça?

Quelle place donnes-tu au silence dans ta vie de tous les jours?

Partage ton expérience en commentaire.

❤️

#silence #yoga

16 vues

Les Salles : 

À Sérent :

Lieu dit : La ville Hervieux 

À Saint Servant

Salle Communale,

Mairie de Saint Servant

2020, Julie Leblanc.  Tous droits réservés